Liste des épisodes
Ai fait de la méditation trois heures durant, pour me calmer et envisager la question de la cohabitation avec sérénité. Hier un singe est mort, d’une piqûre d’araignée visiblement. Les rats se font la guerre et sont en train de se bouffer l’un l’autre. Tous les animaux deviennent hystériques, et moi je n’en peux plus.
Peut-être avec le temps tout s’arrangera-t-il ?
Pas (...)
Tant pis pour ce vieil énergumène, qu’il meure noyé puisque tel est le destin qu’il se réserve !
Ai attendu des heures sur le pont sous le hangar qu’enfin le bateau quitte le sol et flotte. Mais non, l’eau clapote et clapote mais n’emporte pas mon embarcation. Pourtant la ligne de flottaison est atteinte. Y aurait-il un problème ? Le bateau est-il trop lourd ? Est-il (...)
Me réveillant ce matin tous les animaux avaient disparu... bizarre. Je dors à présent dans la cabine de fortune aménagée vaille que vaille sur le pont arrière. J’y somnolais quand j’ai senti le bateau bouger. Sortant, ai constaté que le niveau des eaux avait soudain monté cette nuit. Pas assez cependant pour me faire démarrer. Il reste plusieurs questions à régler avant le grand appareillage : celle du (...)
Annoncé au vieux que je ne comptais pas me laisser engloutir par les flots sans lutter jusqu’à mon dernier souffle. Ne te rends pas pathétique m’a-t-il répondu, le compte à rebours à commencé, notre mort est programmée. Il me conseille donc de faire face avec dignité. N’ai pas trop apprécié sa réaction. Et si moi, ce n’était pas mon destin de mourir noyée dans une datcha en écoutant un cinglé vociférer (...)
Je ne sais plus trop comment prendre mon existence actuelle. Je n’ai jamais envisagé sérieusement ma propre disparition et maintenant qu’il semble assez clair que je suis bel et bien passée de l’autre côté, j’ai comme un drôle de goût dans la bouche. Si vraiment je suis morte, pourquoi personne ne m’a-t-il prévenu ? Qu’on ne me demande pas mon avis pour m’envoyer dans (...)
Je fais avec Bayreuth de longues marches à travers l’île. Quand nous marchons, c’est toujours lui qui me guide. Il me fait découvrir des coins surprenants, terriblement sauvages et d’une beauté presque terrifiante. Nous ramassons en chemin des fruits que je fais cuire, mais il arrive aussi à Bayreuth d’attraper quelque animal que je grille sur le feu. Souvent après le repas, tout (...)
L’atmosphère est bizarre sur l’île, elle n’engage pas à l’action. Je pense régulièrement à me lever, faire mes valises et m’en aller mais à la fois le sable est chaud, je m’y couche et quand je m’éveille je cours, grimpe dans un cocotier et bois le lait d’une noix goulûment. Ou alors je me mets soudainement à chanter et je n’ai plus envie de rien d’autre (...)
Le voisin (l’homme au rat) a débarqué hier soir chez moi pour prendre de mes nouvelles. Des légumes plein les bras. S’est enquis de savoir si j’avais retrouvé mes parents. N’avais aucune envie d’aborder le sujet et ai fait mine de ne pas comprendre de quoi il parlait. Mais ai accepté les légumes qu’il m’avait apporté et les ai cuits dans une marmite émaillée. Fait la (...)
Mené mon enquête. Ca avance rondement. Ils sont là. En suis à présent totalement sûre. Rencontré ce matin un vieux hippie australien qui a partagé leur pitance hier au soir. Il dit que mes parents ont parlé de se rendre sur la plage aujourd’hui. Ont loué un équipement de plongée sous-marine pour la journée. M’y suis rendue directement et les ai cherché. S’ils fouillent les fonds marins pour retrouver mon (...)
Ville de Bangkok. Colorée. Bruyante. Etouffante. Puante et moite. Couleurs criardes et chantantes mixées à des gris de béton d’une tristesse désolante. Dans les rues, des visages se succèdent à une vitesse hallucinante. Rien ici ne m’est familier.
Me suis traînée jusqu’à l’hôtel où mes parents avaient d’après mes renseignements débarqué. M’attendais à un établissement quatre étoiles type (...)
Me suis rendue au poste de police le plus proche ce matin. Sans avoir dormi de la nuit ; turlupinée par cette question : que faut-il leur dire ? oui, que faut-il leur dire ? Dois-je parler des gémissements humains entendus chez l’homme au bonnet lors de ma première visite ? Et de ma décision mûrement réfléchie d’entrer chez lui par effraction tout en le droguant et en lui dérobant ses clés ? Et suite (...)
Dimanche
Lavé mon appartement à grande eau. Nettoyé les sols en marchant accroupie derrière mon torchon comme ça se pratique au Japon. Pour jeter mon corps dans l’action. M’ouvrir à nouveau au monde et à la vie. Et oublier la noirceur des derniers jours. Après, me sentais courbaturée mais réellement prête pour de grandes choses. Suis sortie faire des courses au marché. Acheté des légumes, des fruits et des (...)
Dimanche
Hier, passé l’après-midi entier allongée sur mon divan. A scruter les tirages photos dans leurs moindres détails. Mais rien à faire, ces clichés n’ont pas déclenché en moi la plus petite sensation de “déjà-vu”. C’est à en perdre la tête. Appelé le jeune vendeur de la boutique, il a été formel : les prises de vues ont été réalisées pendant la nuit du 13 au 14 mars. Mais par qui ? Par (...)
Samedi
Ai porté le rouleau. Sera prêt mardi. Que faire d’ici là ? C’est comme si j’avais l’espoir d’enfin savoir si j’étais ou non vivante. Et que la perspective de la réponse était si angoissante que je désirais mourir plutôt que d’attendre. Vais attendre quand même. Il le faut.
Dimanche
Les photos, les photos, les photos. Tant que je ne les aurai pas vues, et (...)
Dimanche
Enfin des nouvelles de l’ostrogoth. Il viendra. Pour ne pas paraître trop hystériquement impatiente ai fixé le rendez-vous non à demain mais à mardi.
Que vais-je lui préparer ? M’a déjà prévenue qu’il ne supportait pas les crustacés, donc pour les Saint-Jacques c’est loupé. Verrai bien demain.
Lundi
Pas fermé l’oeil de la nuit. Me passe en boucle les centaines de (...)
Dimanche
Y a-t-il réellement une personne séquestrée chez l’homme au bonnet ? Ai regardé la télévision pour savoir si on faisait l’écho d’une disparition. Rien. Ni d’ailleurs dans les journaux. En ai pourtant épluché sept. Faut-il ou non prévenir la police ?
Lundi
Ne sais que faire. Si quelqu’un est réellement enfermé chez l’homme au bonnet, il a besoin d’aide. Et (...)
vendredi 3 mars
Ai résolu de me rendre chez l’homme au bonnet pour lui remettre ses chocolats avariés. Ai sonné, la boîte sous le bras. Pas de réponse. Ai insisté. Rien. Ai insisté lourdement. A daigné m’ouvrir. Mais avait une sale tête. Aussi grise que du papier mâché. Tout en lui semblait désagréablement tendu. Lui ai dit que je désirais lui parler. De choses extrêmement sérieuses. Mais ne semblait pas (...)
mercredi 1 mars
On a sonné à la porte cet après-midi. C’était l’homme au bonnet. Vêtu d’un costume pied-de-poule et tenant dans ses mains une boîte rouge en forme de coeur. L’ai fait monter lui et sa boîte. Arrivé dans la cuisine, il m’a tendu le paquet, tout en me souhaitant une joyeuse Saint-Valentin. Mais n’avait apparemment pas conscience que la dite Saint-Valentin (...)
Viens de recevoir une brochure sur le Life Coaching. Des gens, sortes de conseillers personnels, qui débarquent dans votre vie et essayent de la réarranger de façon à vous apporter épanouissement et succès. Ils s’attachent à vous et ne vous quittent plus tant que vous n’avez vous réaliser vos rêves. C’est sûr, ça sonne un peu rencontre avec la fée des trois souhaits, mais si ils disent que ça marche (...)
Cet homme au bonnet est tout de même un drôle de type. Ne sais qu’en penser. N’a plus donné signe de vie depuis la journée post-vampirique. Ai réussi par contre à voir l’ex-terroriste ; sonnant chez lui, a répondu au parlophone. M’a demandé qui était là. N’ai pas dit un mot. A pourtant déclenché l’ouverture automatique de la porte. Suis montée. Il était seul avec son chat. Ne m’a (...)
Me réjouis comme une sotte de ma soirée « Dracula ». N’ai cependant de confirmation de la venue de personne et ça m’énerve un peu.
Travaillé toute la journée à préparer une cassette audio qui assurera l’ambiance de la soirée vampires. Emprunté des cd et fais un montage bien glauque : sifflements lugubres de vent dans les arbres, aboiements de chiens, volées de cloches d’églises fêlées, (...)
Ca y est, c’est déjà le réveillon... passé la journée à tourner en rond sans me décider à rien. Vers quinze heures, ai allumé la télé, une blonde aux gros seins présentait une quantité invraisemblable de bêtisiers, d’un ennui...
Ai songé à sortir faire les courses pour me mijoter un petit gueuleton pour moi toute seule ce soir, mais, je ne sais pas, pas envie, et puis il faisait trop froid.
Vers sept (...)
Mon voisin refuse d’ouvrir la porte. Et les bruits de forêt tropicale n’arrêtent pas. Sans compter que le lampadaire du salon se met à trembler régulièrement. Les lamelles de cristal vibrent et chantent comme sous l’effet de chocs assez puissants. On dirait que d’immenses animaux marchent dans la maison. Il faudrait sans doute prévenir quelqu’un... mais qui ?
Ai longtemps (...)
Maman est vraiment dans un drôle d’état depuis son réveil. Exaltée. En permanence. A propos de tout. Et de tous. Elle a faim de contacts physiques. Dès qu’elle adresse la parole à quelqu’un, ne fût-ce que pour lui demander l’heure, elle le mange des yeux, puis lui prend les mains. Et les lui caresse.
Elle nous a emmenés hier dans un restaurant. Tenu par de vieux Russes ; tapis persans (...)
Papa dit que quelque chose ne tourne pas rond chez maman. Il songe à l’emmener chez un rebouteux, ou un sorcier. Il a aussi entendu parler d’une technique qui s’appelle je crois « rebirth » et qui a déjà fait des miracles. Elle consiste à vous aider à « renaître spirituellement », dans le but de laisser derrière soi certains évènements trop difficiles à digérer. On pénètre de nuit dans un tipi (...)
Reviens de la maison. Maman ne va pas bien. Du tout. Et ça depuis le jour où elle s’est coincé le pied dans la porte du tram. Elle a des migraines. Sans discontinuer. Elle est obligée de rester couchée dans le noir. Et la seule chose dont elle parle, c’est de sa propre mort. Ou alors elle chante des mélodies lugubres. Quand elle se lève, c’est pour regarder par la fenêtre sans rien fixer de (...)
C’est dimanche et ma mère m’a appelée pour m’inviter à déjeuner. Et entendant sa voix, me suis soudain rendu compte à quel point j’aime mon papa et ma maman. C’est fou comme ils me manquent quand je ne les vois pas. Je ne m’en rends pas vraiment compte parce que je me dis que je suis grande et que je n’ai plus besoin d’eux. Mais finalement c’est (...)
Ai commencé à repasser mes livres. Le résultat n’est malheureusement pas parfait. Le papier qui ne peut apparemment reprendre sa forme initiale continue à onduler légèrement. Ce qui donne à l’ensemble un air quelque peu pathétique. Mais on peut penser à des livres sauvés d’un naufrage.
Je voudrais en profiter pour réorganiser entièrement ma bibliothèque. Ai à ce propos longuement réfléchi. Ai retenu (...)
L’eau du bassin ne me semble pas très propre. A vrai dire ça me dégoûte un peu. Je n’ai pas envie d’y retourner. Je suis sûre qu’il y a des microbes dedans, des micro-organismes relativement pervers qui ne font pas du bien à la santé.
Je me sens toute gluante. Comme si une pellicule de graisse s’était développée pour imperméabiliser ma peau ou pour amoindrir sa résistance à l’eau. Ai (...)
Dimanche
Cette nuit ai fait un rêve étrange. Un homme roulait à vélo et je courais derrière lui, cherchant à le rattraper. Il s’est soudain retourné, et a ri durement. Me suis arrêtée, gênée. Baissant les yeux, découvert que j’avais non des jambes mais une queue de poisson. Et que ma façon de me déplacer était proprement ridicule. Acheté au marché vingt - trois poissons rouges, des algues de tailles diverses (...)
Dimanche
Mes parents doivent arriver à quinze heures. Quinze heures. Que faire ? Je ne sais pas quoi faire. Pas d’idée. Pas la moindre idée. Pour que mon appartement semble « normal » il me faudrait renier et détruire tout ce que j’ai entrepris jusqu’à présent. Je n’en ai plus la force. Je n’ai plus la force de revenir en arrière. Je me révolte. Je n’appartiens plus à leur (...)
Dimanche
J’aimerais faire de ma vie un grand jeu. En écrire les règles. Puis sauter dedans. Et ne plus jamais en sortir. Que pour me déplacer, agir, parler, je n’aie plus qu’à suivre ces règles.
Mais quel genre de jeu faudrait-il que cela soit ? D’abord, je pourrais changer totalement de look. Je ne sais pas... porter une perruque peut-être ? ou prendre un accent ? faire de la (...)
Dimanche
Hier, suis allée m’acheter de la peinture pour tissus et un t-shirt noir sans manches assez sexy. Ai tracé sur le devant, en lettres rose fluo, cette phrase : « Je me sens capable de tout ». Après, ai promené mon œuvre en ville tout l’après-midi. Ca n’a laissé personne indifférent. Mon aura a gonflé d’au moins 80 centimètres. C’est hallucinant.
On n’a pas le (...)
Viens juste de rentrer.
La maison est sens dessus dessous. Il y a une pile de courrier énorme derrière la porte d’entrée. Je n’ose pas y toucher, ça me terrorise littéralement.
Commencé par jeter les publicités. J’ai un mauvais pressentiment. Je préfère attendre encore quelques temps avant de l’ouvrir et de m’y plonger.
1er septembre
Déjà ? Comment le temps a-t-il pu passer si (...)
Mes parents se disent ravis de me voir enfin en dehors de chez moi. Ils trouvent l’endroit charmant et songent à rester quelques jours.
Mes parents se sont prélassés dans la piscine une bonne partie de l’après-midi. Ils font à présent la sieste dans le jardin. Ma mère est en maillot rouge. Très échancré. Les jambes ouvertes. Je trouve ça indécent pour une femme de son âge. Pourquoi ne peut-elle pas cesser (...)
Nous sommes arrêtés en fin d’après-midi afin de prendre l’apéritif et de nous sustenter. Dans le bar d’un hôtel à touristes. Ai eu cette désagréable impression d’être lâchée au beau milieu d’un décor de cinéma récemment abandonné. Et de répéter pour d’hypothétiques spectateurs mon propre rôle. Les colonnades, les tapis, les carrelages, les lampadaires, tout était criard, et semblait sans (...)
Dimance 11 juin
Il pleut. L’eau ruisselle sur les vitres effaçant avec elle le paysage. On se croirait dans un car-wash. C’est extrêmement sécurisant. J’ai envie de sortir et de danser nue sous la pluie. Le car vient de s’arrêter dans un terrible crissement de pneus. Il y a un gros type qui attendait à l’arrêt. Il est monté. Il s’est installé à l’arrière du car et (...)
Suis exténuée mais n’ai aucune envie de dormir. J’aime tant la nuit. Où le temps se suspend, s’étire, où la réalité s’estompe. Le souci de faire, alors disparaît au profit de celui d’être. Mes pensées voguent et s’égarent doucement. Et mon coeur se calme.
L’aube naît. C’est très précisément à cet instant que je sens toutes les portes s’ouvrir en-dedans de moi. Je me sens (...)
Suis chez des bourgeois fanatiques des seventies. Ils m’ont recueillie hier alors que je m’apprêtais à dormir dans la gare des bus. M’ont donné à manger. M’ont pressée de questions. Apprenant que je consignais tout mon périple dans un journal de bord, m’ont demandé de le lire, mais leur ai montré les pages moites et l’encre partiellement effacée. M’ont alors offert (...)
Quell chal ur on ic ction ...........oite ! .. m, ........ t ..... t ........................................................
........ llent ...oigne... ...............ment. J ...... - ourir. ......u ...............je ne p...............plu.................... (...)
Sans date
Vide absolu. Plus rien ne subsiste.
Sans date
Je nage. En apesanteur. Dans le fin fond du vide. Je suis dans un lieu qui ne ressemble à rien de connu. Qui est indescriptible. Une sorte de paysage intérieur. Qui n’est fait que de sensations. Au loin brille une lumière d’une absolue blancheur. Elle m’attire, c’est hypnotique. Je rentre dans son champ. Ses rayons (...)
Dimanche
Trouver. Mais l’essentiel c’est de ne pas chercher. Surtout ne pas chercher. Laisser venir. Se coucher et fermer les yeux.
Lundi
Hier, suis restée allongée tout le jour. D’abord sur la carpette du salon. Puis sur le divan. Mais je n’étais pas bien. Je ne me sentais pas assez seule. Me suis enfermée dans la chaufferie. Les explosions puis le ronron de la chaudière (...)
Dimanche
Pas de repas avec mes parents aujourd’hui. Dans un sens c’est tant mieux. Moi qui râle toujours de devoir y aller. Bien, aujourd’hui j’ai congé d’eux.
Lundi
Ma mère ne m’a même pas appelée pour me prévenir de leur arrivée. Tant pis. Si elle m’avait téléphoné pour me dire “on est bien arrivé”, j’aurais trouvé cela idiot de toute façon. Et ils (...)
Dimanche 1 mai
Hier, l’homme au bonnet est venu manger à la maison. Avais préparé un pintadeau au citron, semoule de blé aux raisins Mais la soirée était ennuyeuse, l’ambiance n’était pas au rendez-vous. N’ai pas osé lui remettre son carnet noir. Ne suis d’ailleurs pas sûre que je vais jamais le lui rendre. Pour quoi faire ?
Ce matin, vu un défilé de premier mai passer dans ma rue. (...)
Dimanche
Tenté hier soir de suivre mon voisin à travers des dédales de ruelles. Mais ai très vite abandonné. Suis rentrée chez moi. Epuisée. A bout de forces. Je me sentais vampirisée. Mon cousin, l’aristocrate, puis à présent ce voisin. Ne peuvent-ils pas me laisser en paix ? Je n’en peux plus de tous ces gens. Eteint la bougie. Et l’ai jetée. Marre de tout ça. Qu’on me foute la paix à la (...)
Dimanche
Quel ennui ce salon ! Suis restée tout le jour à attendre que quelque chose se passe... rien ! Et le patron qui n’arrivait pas ! A sa venue, ai prétexté de terribles crampes au ventre et me suis enfuie sans demander mon reste. Plus jamais ! Plus jamais ! On ne m’y reprendra plus ! Pas que ça à faire ! Rentrée à la maison, me suis couchée devant la t.v. Puis ai été prise de remords... (...)
Dimanche 10 avril
N’avais en fait qu’une envie : convaincre tous mes invités de rester dormir et durant leur sommeil, fermer la porte puis jeter les clés. Les séquestrer. Vivre ainsi tous chez moi en communauté. Epuiser les vivres. Et pour conclure organiser par exemple un grand suicide collectif. Mais au lieu de ça, les ai laissés partir le coeur tout chagriné. Aujourd’hui : vaisselle (...)
Cher abonné, Chère abonnée
Samedi 9 avril, À partir de 16 heures (et jusque beaucoup plus tard)
JE T’INVITE à mon goûter/soirée D’ANNIVERSAIRE
(Toute initiative est bienvenue)
Société L’empêchement a/s Sybille Cornet 2ème sonnette
Dimanche 3 avril
Suis allée manger chez mes parents ce midi. Ai un peu parlé de l’homme au bonnet mais ma mère s’est directement moquée de moi. Et de (...)
Dimanche 27 mars
Quelqu’un veut m’épouser. Qu’en dire ? Il me semble que c’est idiot. Il a bien laissé son nom mais pas de contact. Rien. Qui est-ce ? Du coup, je marche dans la rue et j’interroge tous les visages. Est-ce lui ? Non. Est-ce lui alors ? Non plus ! Je suis retournée au café mais personne ne m’a abordée. C’est absurde cette histoire. Pourquoi (...)
Dimanche 20
Je reviens du mariage de mon ami Jordi. Je m’étais fait tailler par Maïa, ma styliste préférée, un superbe petit ensemble en organdi blanc, brodé de roses rouges. J’ai interprété une très jolie chanson d’amour a cappella pendant la cérémonie et j’ai eu, je dois le dire, mon petit succès. Certaines personnes m’ont d’ailleurs trouvée plus rayonnante que la mariée. (...)
Dimanche 13
Vu mon cousin Alain chez mes parents. Il était sale, mal rasé mais n’a pas fait la moindre allusion à de quelconques évènements récents. Moi-même n’ai osé aborder aucun sujet. Mes parents, par contre ont beaucoup parlé de leur studio acheté en bord de mer. Si la fonte des glaces n’est pas stoppée d’urgence ni les digues surélevées, il sera sous eau dans quelques décennies. Il se (...)
Dimanche 6
L’homme au bonnet a sonné chez moi vers quatre heures trente du matin. Avons préparé un bagage. Pris le train, tous les deux. Pour le bord de mer. Par la fenêtre, regardé le soleil se lever. Avions les yeux qui piquaient de sommeil. Dans le wagon, avons pique-niqué avec thermos et tupperware : soupe de pommes de terre, tartines aux oeufs, carottes rapées à l’orange et au gros sel. (...)
Dimanche 27
Vu mon cousin Alain chez mes parents. A parlé de la mise en scène scandaleuse des catastrophes orchestrée par les ONG et tous les organes chrétiens bien-pensants. Les a accusés d’utiliser les médias pour manipuler nos bons sentiments. Que c’était aux états d’agir et de mettre au point un système d’entraide et de protection de notre patrimoine naturel. (...)
Dimanche 20
Aïe, c’était l’anniversaire de ma mère hier... Appeler quand même ou faire semblant de rien ? Ai surgi avec l’énorme bouquet de fleurs chez elle, ça l’a comblée. Comme je l’aime quand elle est contente ! Sommes restées ensemble tout l’après-midi. Puis avons discuté en préparant le repas du soir comme deux bonnes copines. Mais dès que mon père est rentré, l’atmosphère (...)
Dimanche 13
La sonnette de la porte d’entrée a retenti à huit heures treize ce matin. Failli dégringoler dans les escaliers en allant ouvrir. C’était l’homme au bonnet. M’a apporté une gigantesque plante verte. “Elle est carnivore”, m’a-t-il dit, “elle gobe les mouches”. Installé la plante à proximité d’une fenêtre, de là elle voit la rue et (...)
Dimanche
L’appartement est dans un drôle d’état. Tout moite. On dirait qu’il va fondre. Ai ouvert les fenêtres pour assécher les lieux. Me suis retrouvée là, plantée au milieu des courants d’air. Suis sortie. Attendu longtemps un tram. Suis montée dans le premier qui s’est présenté. A roulé longtemps. Arrivée au terminus, je n’avais aucune envie de descendre. Le chauffeur (...)
30 janvier
Toujours rien. Ai marché dans le quartier dans l’espoir de le rencontrer. L’ai vu devant le parvis de l’église mais me suis enfuie. Après je l’ai suivi. Mais n’ai pas osé l’aborder. Le soir, je l’ai vu partir (au cinéma ?). Seul.
Me suis soudain mise à pleurer. De toute façon, à quoi bon aller sonner chez lui, il est sorti. Ai fini par glisser dans sa (...)
23 janvier
Hier soir, impossible de m’endormir : y aller ou ne pas y aller ? Et ce matin encore au réveil toujours la même question et pas l’ombre d’une réponse.
Plus tard
Vers treize heures, me rendant compte que je n’avais encore rien mangé, suis sortie acheter deux cailles que j’ai fait rôtir, accompagnées de croquettes de pomme de terre et d’une purée de figues. Régal (...)
16 janvier
L’abandon semble total. Le téléphone ne sonne plus.
17 janvier
Trouvé un peu de pain rassis dans un sachet. L’ai grignoté.
18 janvier
Rien
19 janvier
Rien.
20 janvier
Me suis levée cinq fois cette nuit. Ai cru entendre le téléphone sonner. Mais rien. Il était muet.
Ai constaté que la batterie de mon portable était totalement plate. L’ai remise en charge. Découvert peu après un (...)
10 janvier
Rêvé d’une horde d’hommes nus, des mineurs espagnols je crois (leur peau était maculée de suie), nageant dans l’espace vers le soleil. Ils chantaient, on aurait dit le choeur de l’armée rouge. Quand je me suis éveillée, leur voix a continué à résonner dans ma tête. Impossible de m’en défaire. Ai été tirée de mes songes par l’horripilante sonnerie de la porte (...)
3 janvier
Dans la rue, des hommes m’ont regardée bizarrement. Je vais rester à la maison quelques temps.
4 janvier
Ai rangé ma garde-robe. Ca m’a fait un bien fou. Ai trié mes fringues. Jeté pas mal de vieilleries.
5 janvier
Me suis réveillée aux aurores. Il avait neigé. Tout était ouateux et immaculé. Dans la rue, alors qu’il faisait nuit (et noir dans mon appartement), ai vu un homme qui (...)
27 décembre
Ravissement absolu que ce film. Il ne faudrait jamais s’arrêter de le regarder. Je m’en suis à nouveau délectée ce matin au réveil. C’était du pain de sucre.
Sur mon portable un deuxième sms non signé. Celui-ci dit “y a du soleil et du vent dehors, quel bonheur”. J’ai tout de suite été jeter un coup d’oeil à la fenêtre voisine... même texte !
Penser à me préparer (...)
20 décembre
Suis passée au centre ville, ils ont installé la patinoire. Ai regardé longtemps un très grand type en pantalon collant noir virevolter sur la piste. Je me verrais assez bien en patineuse étoile. Je regardais souvent les concours à la télévision quand j’allais chez ma vieille tante Lucie. C’est à peu près tout ce qu’il m’est resté d’elle d’ailleurs. Avec aussi le goût (...)
12 décembre
Reçu un appel de l’Ecole de psychanalyse. Parlé avec le directeur. Ne l’ai pas trouvé sympathique. Ça m’a un peu refroidie. Horaires : vendredi soir et samedi matin. Veulent-ils nous empêcher de faire la fête en fin de semaine ? Ils se croient sans doute en pleine Autriche dix-neuvièmiste... M’enverra la brochure.
13 décembre
Abandonné l’idée de devenir psychanalyste. (...)
2 décembre
Me suis levée de bonne heure ce matin, suis allée à la boîte aux lettres. Rien. Suis remontée à l’appartement. Ai checké le répondeur, rien. La boîte vocale de mon portable, rien. Me suis assise. Ai d’abord attendu, comme désoeuvrée. Puis me suis levée, ai fait du thé. Jasmin. Mangé une tartine de choco. Vers seize heures, ai regardé la télévision. Vu une émission sur les bateliers. Des gens qui (...)